Sublime alchimie.

Quand le silence devient un supplice, qu’il n’y a que ton absence pour réplique, je duplique mes souvenirs pour les afficher dans un présent indocile. Quand les Hommes ne peuvent plus légiférer ma raison, quand elle recèle à la psychologie l’ordre d’épouser ma passion… que restera-t-il de ton parfum ? Et maintenant que faire ? Que parfaire ? Comment distraire mes mots pour qu’ils sourient à la vie ? J’ai dit ce que je voulais taire et plaire à tes yeux comme dans cette liqueur qui prisonnière d’un flacon d’émotions.

 

J’ai laissé mes frustrations pour courir en aveugle vers un autre chapitre, j’ai laissé la cause de mes tourments à l’extérieur du chapiteau, mes représentations feront sourire les mondes. J’ai dressé mes lettres pour amuser les spectateurs et moi derrière ce masque de façade, je cherche ton regard parmi ceux-là. Je cherche de l’or dans les failles de mes entrailles. Je ne pourrai jamais oublier ce qui a fait de moi un ivrogne. Le silence devenu une science inexacte. Il n’y a pas de caillou qui je ne sois jaloux du rocher qui te porte contre les vagues rebelles. Une cigogne blanche qui défie l’océan et si la nuit ne venait perturber ce décor, le désordre d’un temps soleil d’une nuit aurait conquis ton coeur. Il y a une mémoire qui gravite à mon esprit. Il n’y aura rien qui soulagera ton absence… certainement que tu reviendras demain, tu me l’avais promis.

 

Sublime Alchimie, subtil algorithme qui rythme mes pulsions et si un jour … Puisque les mots ne servent plus, puisque le silence brise notre condition, il faut trouver de nouvelles émotions. Une pensée à cette Sublime Alchimie, un regard qui tournoie dans mon monde, elle habite mon décor, elle joue les accords qui me perdent, qui me rendent hystérique, Sublime Alchimie. Pourquoi je ne suis rien qu’un étranger, pourquoi trouver une raison pour étrangler mes mots… ce fardeau ! Chaque nuit j’ai noyé ma folie dans un verre de thé… je rêve de l’éternité !

 

Sublime Alchimie.

 

Je ne saurais pardonner à ce regard que j’ai croisé, à ce sourire tagué sous mes paupières… je veux tant te haïr, agir, prendre de ton temps ! Que ce passe t’il Sublime Alchimie. Que veux-tu ? Il y a des nuits que je veux éviter, dans ma chambre je récite tous les mots qui ne te ressemblent pas… tous ceux que tu n’as jamais croisés car, comme moi, ils porteraient ton parfum. J’ai tenté de combler ton absence par une bibliothèque, j’ai juré de ne plus prononcer ton nom mais que reste-t-il de toute cette volonté ? Il n’y a pas de plus beau voyage que celui que je fais dans ma mémoire Sublime Alchimie.

 

J’ai tenté de faire une pause mais ma cause était trop forte pour passer à autre chose. Sublime Alchimie, détruis-moi ou honore-moi mais ne me laisse pas ainsi dans cette errance. J’ai survécu à tant de maux que ceux que je prononce ne sont plus que des balbutiements d’un analphabète. Faut-il te réinventer ou t’oublier, faut-il vivre dans le noir ou devenir aveugle ? Je n’ai cessé d’écrire ces quelques mots à l’encre du désert, avec du sable lunaire. Protège mon cœur contre ces larmes qui m’étouffent de jour en jour… je me sens si faible Sublime Alchimie.

 

Alors, au lever du jour, encore ébloui par mes pensées, je ramasse mes mots pour les fondre et recommencer à patauger dans cette folie en marge de la vie.


Khalid Louguid ©

Tous les textes sont et demeurent la propriété de Khalid Louguid.